Plan social à La Halle aux chaussures : employée depuis 1999, j'ai très peur pour l'avenir

Publié le par angeline351

 

Claire Gandara-Vigouroux travaille à la Halle aux chaussures depuis 1999. Malgré sa fidélité envers l'entreprise du groupe Vivarte, elle risque aujourd'hui d'être licenciée. Avec ses collègues, elle attend dans l'angoisse l'annonce du nouveau plan de redressement. Dépitée, elle dénonce une mauvaise stratégie d'entreprise et un travail ingrat et difficile pour les salariés. Témoignage. 

 

 

 

Je travaille à la Halle aux chaussures depuis 1999. Aujourd’hui, j’ai une épée de Damoclès au-dessus de la tête, comme l’ensemble des salariés.  

 

De 11 à 7 salariés dans mon magasin

 

Nos conditions de travail n’ont jamais été une priorité pour Vivarte, même dans les années les plus florissantes du groupe. Nous devons être une des rares chaînes où les salariés déchargent eux-mêmes les cartons du camion. Mes collègues de plus de 15 ans d’ancienneté cumulent les problèmes de dos, les tendinites, les épines calcanéennes… Et bien sûr, les arrêts maladies, à cause d’une usure à la fois physique et morale.

 

Alors qu’il y a 10 ans, on allait au travail avec enthousiasme et entrain, on y va aujourd’hui stressé-e-s et sous pression, notamment à cause des nombreuses opérations commerciales qui se multiplient pour attirer les clients et générer du chiffre d’affaires. Mais ça ne marche pas : nous constatons chaque jour que la stratégie commerciale de la direction n’est pas en phase avec notre clientèle.

 

Le nombre de clients a fondu au fil des années, tout comme le personnel. Dans mon magasin, nous sommes passés de 11 à 7 aujourd’hui. Les CDD de longue durée n’ont pas été remplacés, ceux à qui on a promis des embauches ont finalement été remerciés. Or la charge de travail, elle, a augmenté.

 

Nous sommes tous impactés par ce plan social

 

Mes collègues, salariés dans les 132 magasins La Halle aux chaussures dont le PDG a annoncé la fermeture, ont pris une claque incroyable. Ils ont pris cette annonce de plein fouet, dans une immense douleur. Mais j’aimerais que les employés non concernés par ces cessions prennent également conscience que nous pouvons tous être impactés par ce plan social qui se prépare.

 

Il peut y avoir des mutations en interne, laissant ceux qui ont le moins de "points" sur le carreau, et des collègues commencent à paniquer en y pensant. 

 

Aujourd’hui, nous sommes tous profondément dégoûtés et démotivés. Nous sommes tous dans le même bateau et avons très peur de l’avenir.

Publié dans Information

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