Sexisme au travail : une femme sur deux en a déjà été victime

Publié le par angeline351

Sexisme au travail : une femme sur deux en a déjà été victime

Plus d'une femme sur deux a déjà été confrontée au sexisme au travail. Des agissements déplacés qui sont peu dénoncés et qui ont pourtant des conséquences sur leur santé. 

« Le sexisme pourri la vie des femmes ». Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, n’y va pas par quatre chemins pour dénoncer ce phénomène très (trop) présent dans le quotidien des salariées. Car ce phénomène est loin d’être marginal, selon un sondage réalisé par BVA pour le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes réalisée auprès de 10 000 salariés non-cadres de 8 grandes entreprises françaises (1) et des Français tirés au sort.

Plus de la moitié des femmes interrogées confient avoir déjà eu l’impression qu’on leur a demandé d’aller préparer le café, qu’on ne leur a pas demandé leurs avis lors d’une réunion ou au contraire que leur avis importait car elles sont des femmes, ou qu’on leur a coupé la parole en raison de leur sexe. Autant de femmes non cadres ont également entendu leur supérieur leur parler comme si elles étaient des enfants, ou ont entendu dire qu’elles n’étaient pas faites pour ce métier jugé masculin. Pis, elles ont reçu des critiques disant qu’elles n’étaient pas assez douces et maquillées, ou au contraire trop féminines.

« Couper irrespectueusement la parole à une femme en réunion, c’est nier sa légitimité et ses compétences. Insister constamment sur l’apparence physique d’une collègue, c’est la renvoyer à autre chose qu’à son statut professionnel et l’enfermer dans un rôle passif et dégradant », souligne Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social. Des actes déplacés qui « tissent un filet invisible qui limite le potentiel d’émancipation et d’épanouissement des femmes au travail. »


Des répercussions sur la santé

Des humiliations et comportements qui poussent plus 80 % des salariées à adopter des comportements d’évitement (comme ne pas prendre la parole en public, ne pas porter certaines tenues ou ne pas se rendre à des déjeuners) pour ne pas affronter ces collègues sexistes. Un environnement de travail toxique qui nuit à la santé, estime la grande majorité des hommes et des femmes interrogés. Résultat : plus d’une femme sur 10 s’est sentie moins bien dans sa peau, a eu du mal à dormir, a été irritable, voire même a souffert de dépression.

Et malgré ces répercussions, seule une minorité en ont parlé à leur supérieur hiérarchique, aux délégués du personnel ou aux ressources humaines. Une non-dénonciation qui s’explique par le fait que plus de 60 % des femmes estiment que « cela ne sert à rien ». La peur de représailles est également évoquée. Le manque de soutien de la part des collègues et des représentants pousse aussi les femmes victimes de sexisme, ou témoins de ces comportements, à garder le silence.

Pourtant, la loi est aujourd’hui en faveur des victimes de ces gestes humiliants. Depuis août 2015, l’interdiction des agissements sexistes a été introduite dans le Code du travail. Et depuis août dernier, les entreprises sont tenues de rappeler cette interdiction dans leur règlement intérieur. Les employeurs sont également responsables de la prévention de ces remarques et gestes déplacés.


(1) Air France, BNP Paribas, Casino, Orange, Solvay, Suez Environnement, Total, Véolia

 
 

Une application pour dénoncer le harcèlement sexuel au travail

Une femme sur cinq a déjà été victime de violence sexuelle sur le lieu de son travail. Un fléau qui reste pourtant tabou et invisible. Une situation a laquelle veut mettre fin la féministe Caroline de Haas et le web-activiste Elliot Lepers qui ont mis au point le site STOP HS. Objectif : évaluer l’ampleur du harcèlement sexuel en France.

Sur le site, les internautes pourront à renseigner le nombre de salariés de leur entreprise, ainsi que le pourcentage de femme qui y travaillent. L’algorithme estime ensuite le nombre de personnes probablement confrontées au harcèlement sexuel dans la société. Tous les résultats seront diffusés sur les réseaux sociaux accompagnés du haschtag #StopHS.

Publié dans Information

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article