PSE reporté chez Starplast, mais toujours d’actualité

Publié le par angeline351

Chez Starplast, la prolongation de la mission de l’expert-comptable repousse à mi-janvier le plan social de 22 personnes. Mais la situation n’en demeure pas moins urgente.
 
« On a un patron de PME qui s’est pris pour un patron du CAC 40. » Délégué syndical CGT au sein de l’entreprise Starplast, Nicolas Paquet résume d’une phrase le sentiment général des salariés de cette société de thermoformage, qui a annoncé, en, début de semaine, le licenciement de 22 personnes. « Il a eu les yeux plus gros le ventre », « il a vu trop grand » sont les autres phrases qui claquent dans l’air frais du matin, lors de cette manifestation de deux heures, qui s’est déroulée en parallèle d’un comité d’entreprise exceptionnel, organisé ce jeudi. À la sortie de la réunion, une annonce : « La mission de l’expert-comptable a été étendue au plan social, explique Thierry Marzin, autre représentant CGT. On veut avoir un autre son de cloche que celui de la direction. »

« Pas de temps à perdre »

En conséquence, le PSE est repoussé à « mi-janvier », le temps pour le consultant de rendre ses conclusions. « Nous ne négocierons rien avant », préviennent les deux cégétistes. La veille, le PDG de l’entreprise de thermoformage, qui intervient dans l’aéronautique, mais aussi dans l’automobile, prévenait pourtant : « Il n’y a pas de temps à perdre. Plus on avance sans solution, plus on s’achemine vers le tribunal de commerce. Je veux tout faire pour éviter cette situation, notamment pour l’impact que ça aurait sur les clients. » La suspension de l’avance remboursable de 100.000 € accordée à la région, fin novembre, laisse pourtant planer cette épée de Damoclès. « Si on ne l’a pas tout s’écroule, avance le PDG. La BPI ne donnera pas sa garantie pour un prêt bancaire de 100.000 € si le Conseil régional n’y va pas. »
 
« On n’est pas là pour punir une entreprise, nuance Thibaut Richebois, le directeur général adjoint de la collectivité. Des échanges ont repris avec l’entrepreneur. Il faut une analyse plus fine de la situation générale et des cas particuliers. Mais notre position n’est pas encore stabilisée. Il nous faut une petite semaine avant de prendre une décision. » Le quiproquo entre la Région et l’entreprise, qui avait en plus bénéficié du label « Usine du futur » en septembre, repose sur l’ampleur du PSE. Michel Cornard assure avoir toujours été « transparent ». « Mais entre septembre, quand je rencontre la DIRECCTE et la Région, et maintenant, des nuages noirs se sont accumulés », précise Michel Cornard. En clair, à la fin de l’été, entre cinq et dix licenciements étaient envisagés. La Région le savait, mais n’était pas au courant pour le PSE de 22 personnes, quand elle a accordé les 100.000 €. « C’est bien ça », confirme Thibaut Richebois.
 
Si on imagine mal la collectivité tolérer que son argent finance un plan social, il apparaît aussi improbable, qu’elle laisse détruire 22 emplois. « On compte interpeller les élus régionaux et notamment M. Vandenbroucke, annonce Thierry Marzin. On veut une table ronde pour qu’ils nous disent ce qu’ils pensent du CICE dont a bénéficié la société. On veut que les salariés aient leur mot à dire sur la situation. » Dans la manifestation de ce jeudi, ils étaient nombreux à parler « d’erreur de gestion ». « Attention, on ne parle pas de détournement, prévient la CGT. Mais de mauvaises décisions commerciales. On veut que l’expert se penche là-dessus. »

Jusqu’à 46 heures de travail pour les ouvriers ?

Les difficultés, néanmoins sont réelles. « On n’a pas été retenus pour la E-Méhari 2, explique Michel Cornard. Ce sont 600.000 € qui s’envolent. Airbus hélico a des soucis. Le Super Puma est cloué au sol, ce qui entraîne des annulations de commande. Enfin, Dassault ne vend plus son Falcon et les commandes sont repoussées à 2018. » Pour l’heure, « l’URSSAF et les salaires sont versés », souligne le PDG, repoussant ainsi l’idée d’un dépôt de bilan. Les salariés, eux, fourbissent leurs armes : « Tout ça, ce ne sont que des difficultés à venir, précise Thierry Marzin. On prépare et on envisage des solutions alternatives. »
 
Outre l’avenir de l’entreprise, la volonté de la direction de revoir les accords sur les 35 heures suscite la colère des salariés. « Il est trop restrictif, juge Michel Cornard. On veut augmenter la flexibilité. Grâce à ça, on peut sauver des emplois. On a un volant d’intérim énorme, 200.000 € en 2015, 180.000 en 2016. On veut réduire ses coûts. » Le PDG propose de revoir la modulation pour que ses ouvriers travaillent jusqu’à 46 heures par semaine. « On l’a déjà fait, mais entre 40 et 46 heures, il y avait des heures sup’, explique Nicolas Paquet. Alors que là, il n’y en aurait pas. Tout serait en modulation. On veut bien les faire, mais faut que ça paye. Et cette année, ça n’a pas payé. » « Un tiers des salariés qui dégagent, deux tiers pour qui c’est l’escalade, résume un salarié. Merci qui?? Merci El Khomri. »

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