Marseille : la ruse de Buffalo Grill pour éviter le PSE

Publié le par angeline351

Marseille : la ruse de Buffalo Grill pour éviter le PSE

 

La CGT assigne la SA Buffalo Grill au TGI pour une quinzaine de salariés du site du centre-ville de Marseille. Le groupe prépare sa 8e fermeture de restaurant en moins de deux ans avec des conditions de départ inacceptables.

Rideaux tirés, terrasse empilée, l’ambiance est plus morose que tamisée au Buffalo du cours d’Estienne d’Orves (1er). La porte coince et grince mais l’accueil reste souriant même s’il est impossible d’y trouver le moindre contact avec une direction. Après un bon quart d’heure de musique country, le standard renvoie sur la com’... qui coupe net. Pas simple de discuter avec les grands groupes. Pas plus que d’y faire valoir ses droits quand on en est salarié.

Ils sont ainsi une quinzaine soutenus par leurs délégués CGT, à avoir saisi la justice contre leur employeur pour demander un vrai PSE et « éviter de se faire jeter comme des Kleenex. On ne demande rien d’autre que le droit de partir avec des indemnités ou une offre de reclassement réaliste », présente Jean-Philippe Ribeiro. Les salariés du restaurant du centre de Marseille ont appris en mars par le comité d’entreprise que l’activité économique étant en baisse, l’enseigne devait fermer au 31 décembre. Or pour ces employés précaires, être reclassés sur Vitrolles, Gémenos ou... Paris, pose quelques soucis de mobilité.

 

C’est le cas de la jeune Céline, qui ne sait toujours pas à quelle sauce elle sera cuisinée par ce leader français de la restauration assise : « Je suis en train de financer mon permis. Mais au 31, impossible d’aller à Vitrolles car je n’ai pas de solution pour rentrer après 23h jusqu’à la Belle de Mai. » Et depuis 8 mois que ces salariés tentent de négocier des conditions de départ dignes, « nous ne sommes pas parvenus à un accord. Buffalo ne veut même pas payer les indemnités de départ. Ils font 14 millions de bénéf’ et ça fait 5 ans que nos salaires sont gelés », dénonce Meité Vamara, délégué CGT et plongeur depuis l’ouverture de l’enseigne en 2000, « une exception car ici c’est 87% de turn-over ».

Cuisinés à la hussarde

A leurs côtés, Marie, déléguée syndicale et salariée chez Hippopotamus, élargit la question et fait converger les luttes : « C’est comme chez nous ou chez Courte-Paille, les grosses chaînes programment des fermetures au compte-goutte, sur les sites les moins rentables, pour éviter de passer par un PSE. » Une « nouvelle mode chez les franchisés et les groupes qui relève plus de l’idéologie que de l’économie, réagit Charles Hoareau pour l’UL CGT centre ville, une posture qui dit je licencie comme je veux et ne reconnais pas au législateur de droit de faire la loi chez moi, c’est la négation même du principe d’égalité devant la loi. »

Défendue par Me Laure Daviau, la requête portée par le syndicat CGT des salariés de Buffalo sera mise en délibéré le 9 janvier. Un premier tour devant les tribunaux qui aura eu pour effet immédiat de faire descendre la DRH du groupe dans le restaurant marseillais ce jour.

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