Les 35 heures ont créé 350 000 emplois, affirme un rapport caché de l'Igas

Publié le par angeline351

Une étude réalisée par deux inspecteurs de l'Igas, mais restée dans les tiroirs, réhabilite les 35 heures. Elles n'ont pas eu un effet négatif sur la compétitivité de la France, affirment les auteurs.

Le rapport aurait été censuré par le chef de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), mais le document, daté de mai, a finalement fuité. Mediapart et Le Monde se sont procurés cette centaine de pages qui évalue "les politiques d'aménagement [et de] réduction du temps de travail dans la lutte contre le chômage", soit les 35 heures.  

La conclusion des deux inspecteurs sur ce serpent de mer? "Les politiques de réduction de la durée légale du travail permettent de créer, au moins à court terme, de l'emploi à condition de respecter des conditions strictes." A savoir: "la maîtrise de l'évolution des coûts salariaux" et "le financement de ce type de politique", relève Mediapart.

Le temps partiel a créé 150 000 emplois

Selon les auteurs de ce rapport qui se sont appuyé - entre autres - sur les données de la Dares et de l'OFCE, les lois Aubry, qui constituent "l'enjeu d'une vive bataille idéologique", ont permis de créer 350 000 postes entre 1998 et 2002, et n'ont pas eu un effet négatif sur la compétitivité de la France. "Les arguments avancés pour contester ces créations d'emplois apparaissent fragiles" et "s'agissant de l'effet négatif des lois Aubry sur la compétitivité, aucun élément ne permet de confirmer cette affirmation", peut-on lire sur Mediapart.

Les rapporteurs expliquent que les politiques du temps partiel, expérimentées entre 1993 et 2002, ont, elles, permis de créer "au plus 150 000 emplois". Mais ils estiment qu'un "temps partiel de qualité", autrement dit en CDI, "peut faciliter l'emploi de certains publics": les populations précaires, les parents de jeunes enfants, les seniors.  

Après la mise en oeuvre des 35 heures, les entreprises françaises ont eu recours aux contrats courts pour s'adapter aux changements de durée du travail, alors que les salariés étaient prêts à moduler leurs horaires, affirment aussi les rapporteurs. Ces derniers relèvent aussi que le recours aux heures supplémentaires en période de faible croissance peut au contraire peser négativement sur l'emploi.

En plein débat sur la loi Travail, et alors que les sénateurs voulaient supprimer les 35 heures, voilà de quoi relancer la polémique sur le temps de travail.  

Le rapport n'a pourtant jamais été transmis au gouvernement. Pourquoi un tel secret? Contactée par Le Monde, l'Igas a évoqué "des travaux insuffisamment achevés ou présentant des faiblesses méthodologiques". Les inspecteurs auraient pourtant interrogé 40 "personnes qualifiées".

 

Publié dans COMMUNIQUE FO

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