La défense des Conventions de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) de Paris jusqu’à Cape Town (Le Cap) en Afrique du Sud

Publié le par angeline351

La défense des Conventions de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) de Paris jusqu’à Cape Town (Le Cap) en Afrique du Sud

Le 4 décembre 2014 s’est ouvert le Congrès de l’UNI, organisation syndicale à laquelle nous sommes affiliés.

La première matinée était dédiée aux femmes. Autant de femmes, venues de tous les continents, réunies dans un cadre syndical international… Serait-ce qu’elles rencontrent les mêmes problèmes là où elles travaillent ?

Depuis toujours, les femmes, souvent dans l’ombre, se sont intéressées à trouver des réponses au niveau international pour améliorer les conditions de l’Homme. La liste est bien longue des Mary Harris Jones, Louise Michel, Rosa Luxembourg, Zora Neale Hurston, certaines sont citées dans un ouvrage de notre camarade Louis Couturier (1) qui met en lumière des femmes pour leur œuvre émancipatrice.couverture-1

Aujourd’hui, plus que jamais, il est primordial de s’attacher aux valeurs internationalistes et à se coordonner pour faire face à la mondialisation et à la globalisation. Chacun dans sa nation doit défendre ses droits : régime de protection sociale nationale, code du travail national, conventions collectives nationales et cela, uniquement dans l’intérêt particulier des travailleurs. C’est la conception FO.

Et « C’est dans l’international que l’indépendance des nations a sa plus haute garantie ; c’est dans les nations indépendantes que l’international a ses organes les plus puissants et les plus nobles. » (2)

En effet, rester au seul niveau national ne répondra pas aux attaques et à la dérèglementation organisées par le patronat avec la complicité d’un grand nombre de gouvernements, de la BCE, du FMI et autres. Les dernières incantations de Gattaz contre la convention 158 -Convention concernant la cessation de la relation de travail à l’initiative de l’employeur- de l’OIT, démontrent que ces normes ont une importance, puisqu’elles couvrent l’ensemble des travailleurs des pays qui l’ont ratifiée.

En ce qui concerne l’égalité entre hommes et femmes, « Le mandat de l’OIT… s’appuie sur les normes internationales du travail, en particulier sur les quatre conventions principales portant sur l’égalité : la Convention sur la discrimination (emploi et occupation), 1958 (no. 111), la Convention sur l’égalité de rémunérations, 1951 (no. 100), la Convention sur les travailleurs ayant des responsabilités familiales, 1981 (no. 156) et la Convention sur la protection de la maternité, 2000 (no. 183). Ce mandat est également renforcé par les Résolutions de la Conférence Internationale du Travail -la plus haute autorité de l’Organisation- datant respectivement de 1975, 1985 et 1991, ainsi que la Résolution concernant la promotion de l’égalité entre hommes et femmes, l’égalité de rémunération et la protection de la maternité, de juin 2004. »

Nous n’oublierons pas la Convention 106 qui est hautement d’actualité en France, c’est-à-dire le « Repos Hebdomadaire Commun ». Là encore, une réponse a été donnée au niveau international par ce texte. C’est bien la preuve formelle que sa remise en cause n’est pas un problème parisien, voire d’un magasin de parfumerie sur les Champs-Elysées, mais bel et bien un problème international. C’est la raison de notre démarche auprès de l’OIT pour défendre notre repos dominical.

Nous ne sommes pas seuls, puisqu’un syndicat portugais aurait fait la même démarche. Mais aussi, nos camarades belges qui se mobilisent contre la déréglementation en cours dans leur pays.

Faire respecter nos droits, c’est consolider les droits des travailleurs des pays les moins bien lotis.

C’est aussi notre démarche sur le dossier des poisons dans le textile et le cuir. Le fait de faire reconnaître les risques supportés par les salariés du transport, des entrepôts, des commerces en France à manipuler les textiles et le cuir importés d’Asie, imposera à un moment la réflexion pour faire interdire l’importation de marchandises contenants des produits interdits en Europe. Aujourd’hui, l’hypocrisie veut que certains produits soient interdits, sauf s’ils ne sont que contenus dans des produits manufacturés.

On ne peut pas pleurer la mort des travailleurs du BANGLADESH écrasés sous un bâtiment, parce que c’était violent, horrible avec plus de 1 300 victimes et en plus médiatisé, hurler au scandale de ce meurtre au nom de la compétitivité, de la mondialisation et autres recettes libérales supportées par la classe ouvrière. Ce drame ne doit pas être utilisé pour masquer tous les autres travailleurs qui meurent à petits feux, car exposés à des produits extrêmement dangereux qui engendrent cancers, stérilité, fausses couches. Ils travaillent pour les mêmes donneurs d’ordre.

Si ces produits sont refusés à la consommation dans nos pays « riches », les pays producteurs (aux ordres des grandes enseignes mondialement connues), seront bien obligés de faire fabriquer autrement.

La réponse doit être large car les fabricants s’organisent en déplaçant le problème d’un pays à l’autre. De la Turquie au Bangladesh, on arrive en Ethiopie pour produire de moins en moins cher.

Là encore, des conventions de l’OIT existent pour promouvoir la sécurité et la santé des travailleurs, mais elles ne sont pas ratifiées par tous les pays. Des raisons économiques, seraient-elles la cause (le prétexte) de cette situation ?

Nous connaissons la réponse, puisque notre gouvernement nous a éclairés sur ce point en s’attaquant à notre protection sociale au nom du déficit organisé, qu’il faudrait résorber uniquement en faisant des économies, sans regarder le financement mis à mal.

Il y a urgence à se mobiliser au niveau national, c’est le chemin que prend notre Organisation syndicale.

Il y a urgence à se mobiliser au niveau international, c’est le chemin que doit prendre UNI en coordonnant les actions communes menées aux niveaux des différents pays.

Il nous faut une réponse syndicale.

C’est dans ce sens que nous sommes intervenus à la tribune.

 

(1)     « La Libre Pensée et les Femmes, les Femmes et la Libre Pensée », ouvrage de Louis Couturier militant syndicaliste et libre penseur.

(2)     Jean Jaurès

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