GM & S : « La catastrophe était annoncée » pour le syndicat FO

Publié le par angeline351

GM & S : « La catastrophe était annoncée » pour le syndicat FO

Mardi, une table ronde à Bercy va tenter de retrouver un avenir à l’usine GM & S de La Souterraine. Y seront l’État, bien sûr, mais aussi les constructeurs automobiles, les élus et les syndicalistes. Dont ceux de FO qui nous racontent la chronique de cette catastrophe annoncée, et la dernière solution pour l’éviter.

Comment en est-on arrivé là ?

« À cause des financiers !, tonne Bruno Grimaud. Cette boîte a eu de vrais patrons qui en ont fait un fleuron dans l’emboutissage et la métallurgie. Et puis les repreneurs, que des financiers, se sont succédé et ont fait du parasitisme. Ils ont vidé les comptes et la boîte de sa substance. L’usine paye encore un loyer de 250.000 euros par an à l’un de ces repreneurs qui a conservé les murs dans une SCI. Ces gars, ils prenaient mais n’amenaient pas de clients, pas de nouveaux contrats. Le dernier en date, Gianpiero Colla, il est venu pour le million d’euros du CICE. Pas mal, pour quelqu’un qui a racheté l’entreprise pour trois euros. Et puis il a fait salarier une armée mexicaine par le site de La Souterraine, dont son fils, ou un commercial rémunéré à un 1 % du chiffre d’affaires et qui n’a jamais ramené un seul client. Nous, les syndicats, on savait bien que tous ces gars n’étaient pas fiables. Sauf qu’il n’y avait personne d’autres. La catastrophe était annoncée ».
 

Pourquoi y a-t-il une telle urgence aujourd’hui ?

« Parce que les actionnaires ont menti sur la situation. Gianpiero Cola, lorsque le préfet s’est inquiété en mai de la situation de La Souterraine, lui a assuré qu’il mettrait de l’argent pour sauver la boîte. Il n’a rien mis. En septembre, aucun contrat de PSA, rien en trésorerie. C’est simple, ils ont repris le site au 1er décembre 2014, durant tout 2015, la boîte a vécu des subventions de PSA et en 2016, il n’y avait plus rien. Aujourd’hui, les salaires de novembre ont été assurés par le fonds de garantie, mais ceux de décembre doivent être payés par GM & S… et il n’y a plus un centime ».
 

Qu’attendre de la table ronde de Bercy ?

« Que l’État prenne ses responsabilités, assurent les syndicalistes FO. Il a versé de l’argent public à des repreneurs qui n’en ont rien fait. Il faut qu’il trouve un repreneur avec un vrai projet industriel qui permette en deux mois d’observation de prouver que le site de La Souterraine est viable. Il fallait les constructeurs auto autour de la table, et ils seront là. La Souterraine pourra envisager une diversification vers d’autres secteurs, mais pour l’instant il lui faut la sous-traitance auto ».
 

Est-ce que La Souterraine est toujours
un fleuron industriel ?

En gros, est-ce qu’elle a toujours de l’intérêt pour les groupes de l’automobile ? « Ce site va comme va la sous-traitance automobile en France, indiquent les syndicalistes. Les donneurs d’ordre se tournent de plus en plus vers l’étranger. Mais l’usine reste un fleuron pour l’emboutissage et, surtout, le traitement de surface par cataphorèse. Et elle est l’une des seules à pouvoir proposer les deux opérations en même temps. Alors, oui, La Souterraine est toujours un fleuron. Mais vidé de sa substance. Quand un constructeur auto nous propose de fournir la substance, le métal, pour que nous puissions continuer à travailler, ça ne suffit pas. On n’a pas les gants, le carburant et tout qui est nécessaire à une chaîne de production pour faire son boulot. On en est là ». 
 

Table ronde 

Le parlementaire creusois Michel Vergnier a obtenu cette réunion à Bercy, pour tenter de sauver GM & S.
Il explique : « J’ai dit que cette réunion ne pouvait pas se faire dans l’urgence car il fallait convaincre les constructeurs de venir. Que veut-on de cette table ronde ? C’est que les constructeurs prennent l’engagement de donner une charge de travail à l’entreprise pour qu’elle puisse vivre, avec les salariés qui y travaillent aujourd’hui, et sans casse si possible. Le problème, c’est qu’on est tombé sur un repreneur qui n’a pas fait ce qu’il avait promis de faire alors qu’il avait pris des engagements très précis. J’espère que M. Colla a perdu toute sa crédibilité en France ».

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