Entretien avec Henri Sterdyniak : l’économie, nouveau sport de combat ?

Publié le par angeline351

Entretien avec Henri Sterdyniak : l’économie, nouveau sport de combat ?

Au-delà des enjeux propres à la discipline économique, l’ouvrage de Pierre Cahuc et d’André Zylberberg, Le Négationnisme économique, recèle des enjeux politiques et sociaux importants. Entretien avec Henri Sterdyniak, chercheur à l’OFCE et membre du collectif des Économistes atterrés.

Quelle est la différence entre un économiste orthodoxe et un économiste hétérodoxe ?

Henri Sterdyniak. Les économistes orthodoxes pensent que fondamentalement l’économie ne peut fonctionner que sur le mode capitaliste. Et foncièrement ce mode capitaliste génère une situation satisfaisante tant sur le plan de la macro économie que sur le plan de la distribution des revenus. Ce sont des économistes qui font confiance au marché et pensent que les interventions de l’État sont dangereuses et inefficaces parce qu’elles perturbent les mécanismes de marché. Pour eux, il n’y a pas le choix, l’économie est une science à part, régie par des lois qui s’imposent.

Mais la frontière entre orthodoxes et hétérodoxes est extrêmement mouvante. Elle dépend de l’évolution du débat dans la théorie économique. Certains économistes orthodoxes estiment que, si foncièrement l’économie capitaliste fonctionne, il faut quand même une intervention publique pour rééquilibrer aussi bien les questions de stabilité macroéconomiques que celles d’efficacité et de redistribution. Des économistes un peu en marge de l’orthodoxie comme Joseph Stiglitz ou Paul Krugman peuvent être considérés comme hétérodoxes à partir du moment où ils critiquent le capitalisme. Donc il n’y a pas une limite bien précise.

Les hétérodoxes quant à eux pensent qu’il existe plusieurs manières d’organiser la société et que l’économie est foncièrement une science sociale, une science historique. Il n’y a pas un modèle qui s’impose. Il peut y avoir des modèles plus libéraux, des modèles mixtes, des modèles socialistes. L’économie capitaliste s’inscrit dans un contexte historique de transformation en capitalisme financier. Ce dernier, foncièrement instable, génère des inégalités. Lorsqu’en 2007-2008, il y a eu une crise des marchés financiers, les hétérodoxes ont préconisé de les étudier et de contrôler.

Publié dans COMMUNIQUE FO

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