Ailly-sur-Somme: le travail s’est arrêté vendredi à l’usine Bigard

Publié le par angeline351

Ailly-sur-Somme: le travail s’est arrêté vendredi à l’usine Bigard

Soixante-dix salariés travaillaient encore dans l’usine. D’ici la mi-mars, ils devront choisir entre un reclassement dans une unité du groupe ou le licenciement.

Cette fois, c’est fini… Les derniers lots de viande découpée ont été conditionnés vendredi sur les chaînes de l’usine Bigard dont la fermeture avait été annoncée par le groupe du même nom en septembre dernier pour « manque de rentabilité ». Depuis lundi, ne restent donc sur place que les administratifs et les délégués syndicaux dont Gérard Philippon, élu au comité d’entreprise, et Stéphane Dormeval, délégué syndical et élu comme délégué du personnel, tous deux de la CGT, majoritaire sur le site.

« On va notamment faire des photos de l’entreprise et des équipements qui s’y trouvent pour que l’outil de travail ne soit pas démantelé car on a déjà entendu parler d’un projet de démontage des machines… Or avant de procéder à cela, Bigard a l’obligation de rechercher un repreneur éventuel pour le site. Rechercher mais pas trouver donc on ne se fait guère d’illusions… », confie Stéphane Dormeval.

Peu probable, en effet, que les salariés qui ont franchi les portes des ateliers vendredi soir y retravaillent un jour. «  Nous étions encore 70 en activité sur le site, détaille le syndicaliste, car une partie des 94 salariés concernés par la fermeture a déjà été reclassée dans trois autres unités du groupe : dix à Flixecourt, deux à Formerie et un à Saint-Pol-sur-Ternoise ; ou va l’être à partir du 2 janvier  », précise Stéphane DormevaL.

Ces 70 personnes auront jusqu’à la mi-mars, date jusqu’à laquelle les salariés font encore officiellement partie de Bigard, pour choisir la solution du reclassement ou du licenciement suivi d’une reconversion et d’une recherche d’emploi qui s’annoncent difficiles. Un licenciement qui entrera dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) que la CGT n’a pas signé (voir ci-contre).

« Bigard se porte bien. Il a moins de 1 % de taux d’endettement. Ses actionnaires viennent de se partager 21 millions d’euros. Et le groupe achète ou revend des unités de production pour augmenter ses dividendes. Il n’est donc pas en difficulté économique et la fermeture de l’usine d’Ailly-sur-Somme n’est pas de cet ordre », justifie Stéphane Dormeval. Pour lequel le manque de rentabilité du site a été sciemment provoqué, à coups de suppressions d’activités et d‘emplois, pour pouvoir le fermer un jour. Un jour qui était donc ce vendredi 9 décembre 2016…

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Que s’est-il passé depuis l’annonce de la fermeture de l’usine ?

Le mercredi 28 septembre dernier, la fermeture du site d’Ailly-sur-Somme était annoncée en comité central d’entreprise extraordinaire du groupe Bigard à son siège de Quimperlé pour « manque de rentabilité ». Une décision que les salariés et leurs délégués syndicaux sentaient venir depuis le rachat le 1er janvier 2008 de Defial par Bigard et une baisse constante, depuis, du nombre de salariés : 350 en 2008, 130 en 2015 et 94 en septembre. Une décision qui provoquait une grève aussi dès le lendemain ainsi que le départ du directeur, remplacé sur le site par une directrice des ressources humaines. « C’était préférable pour sa sécurité », notre Stéphane Dormeval. Ce jour-là, la direction affirmait « avoir les moyens de satisfaire tout le monde et de proposer un reclassement et un poste à chacun sans faire de PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi) ».

« Une semaine plus tard, la direction est revenue à Ailly-sur-Somme pour essayer de négocier des indemnités de départ avec certains salariés, des licenciements économiques individuels. On sentait que le groupe voulait fermer le site, pour le 11 novembre, mais comme leur proposition n’était pas juridiquement acceptable, on en est resté là », témoigne Stéphane Dormeral. Le 19 octobre, le directeur général du groupe Bigard, Benjamin Castel, était reçu par le préfet de la Somme et la direction du travail. Lors de cette réunion, les arguments des salariés en faveur d’un PSE étaient entendus. Et une réunion du Comité central d’entreprise de Bigard le 8 novembre acceptait le principe de ce PSE. Un protocole d’accord était même signé entre la direction et la CGT.

Un protocole que le syndicat refuse aujourd’hui de ratifier, arguant que « les licenciements ne sont pas économiques » et qu’une action devant les tribunaux pourrait être plus intéressante pour les salariés privés d’emplois… Le prochain comité central d’entreprise de Bigard est programmé le 22 décembre avant une dernière réunion de négociations fixée au 10 janvier.

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