Vivarte : ce que Oaktree reproche à Stéphane Maquaire

Publié le par angeline351

Vivarte : ce que Oaktree reproche à Stéphane Maquaire

La gestion de la dette de Vivarte est au cœur du conflit entre l'actionnaire et le patron opérationnel

 

C’est aujourd’hui que Patrick Puy a pris ses nouvelles fonctions à la tête de Vivarte (La Halle, Caroll, Chevignon…) en remplacement de Stéphane Maquaire, débarqué jeudi 27 octobre par le Conseil d’administration. C’est le sixième patron opérationnel depuis 2012 ! Dès mercredi, ce spécialiste du « retournement d’entreprise » rencontrera les organisations syndicales qui craignent déjà un démantèlement de ce groupe de plus de 17.000 salariés en France qui traîne une dette de 1,5 milliard d’euros ! Patrick Puy qui a déjà œuvré chez Moulinex et le verrier Arc International avait déjà été remarqué par le chasseur de tête Egon Zehnder, en février dernier, alors que les actionnaires avait préféré Maquaire (ex Monoprix). Avant même de recevoir les syndicats, Patrick Puy devait gérer l’urgence et notamment rassurer les partenaires bancaires. Car c’est ce soir, à minuit, que tombe l’échéance de renégociation des crédits documentaires. La semaine dernière, le CM CIC avait ainsi refusé une nouvelle ligne de crédit pour 9 millions d’euros. « A l’exception du CIC, la quasi totalité des partenaires bancaires avaient donné leur accord avant le départ de Maquaire mais son éviction brutale pourrait refroidir quelques grandes banques françaises », souffle-t-on de source proche du dossier. Car toute la place s’interroge encore sur cette décision : que s’est-il passé pour que seulement cinq mois après son arrivée Stéphane Maquaire soit ainsi débarqué du jour au lendemain ? "Il y a des vraies raisons qui expliquent ce divorce brutal", plaide une source proche des actionnaires. Le fonds Oaktree piloté en France par Donald Bryden a au moins trois reproches à faire à Stéphane Maquaire. 

Les actionnaires prévenus au dernier moment du placement sous mandat ad hoc

La dégradation des comptes n’a sans doute pas aidé : l’Ebitda de l’entreprise a chuté de 75 millions d’euros à l’arrivée de Maquaire à 55 millions fin août. Mais cette perte de 20 millions s’explique notamment par une nette dégradation du marché du textile. D’après l’Institut français de la mode, le segment chaussure et vêtement bas de gamme a vu ses recettes baisser de 20% sur la période. Mais le divorce entre Maquaire et les actionnaires a véritablement eu lieu l’été dernier. Les actionnaires n’ont jamais digéré le placement sous mandat ad hoc du groupe en juillet dernier. « Nous avons été mis devant le fait accompli et prévenu seulement la veille du lancement de la procédure », réagit l’un d’eux. Le conseil ne s’est effectivement pas prononcé sur le mandat ad hoc mais les statuts du PDG de Vivarte réécrit en 2014 à l’occasion de la première renégociation de la dette donnaient tout pouvoir au gérant de Vivarte pour renégocier la dette de l’entreprise. Il n’empêche : « il y a eu une vraie rupture entre Maquaire et les principaux actionnaires à la suite de cet épisode », confie un proche de l’ancien PDG.

Un retour sur investissement jugé trop lointain

Vient ensuite le plan de reconquête présenté par Maquaire aux actionnaires fin août. Tout le monde tombe d’accord sur l’idée de fusionner les deux Halles : la Halle aux vêtements et la Halle aux chaussures. Une fusion qui doit s’accompagner d’un plan de cession ou de fermeture de 100 magasins avec à la clé un plan social portant sur près d’un millier de salariés. Mais les actionnaires refusent de voter ce plan qu’il considère trop lent dans son retour sur investissement à 3 à 5 ans. Le conseil a donc voté le budget 2017 (indispensable pour avoir la confiance à court terme des banques) mais n’a jamais approuvé le plan.

Bercy et Matignon en alerte

Outre les partenaires bancaires (essentiellement la Société Générale, Crédit Agricole et Natexis), Patrick Puy va devoir remotiver des salariés particulièrement inquiets sur leur avenir. Il sera aussi « surveillé » de près par le gouvernement alerté dès vendredi du risque social de ce dossier. En pleine campagne présidentielle, Bercy fera tout pour éviter une banqueroute du numéro un de la vente de textile en France.

Publié dans Information

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