Sous Valls, les effectifs des cabinets ministériels ont gonflé de 22%

Publié le par angeline351

Sous Valls, les effectifs des cabinets ministériels ont gonflé de 22%

René Dosière, député de l'Aisne et spécialiste de la gestion des finances publiques, publie comme chaque année son analyse du document budgétaire consacré aux effectifs des cabinets et à leur rémunération.

Chaque automne, René Dosière, député PS de la 1ère circonscription de l'Aisne, publie sur son blog une analyse du document budgétaire fourni par le gouvernement.

Les chiffres sont édifiants: depuis sa nomination en 2014, le gouvernement de Manuel Valls a vu ses effectifs globaux augmenter de 220 personnes soit 8% en même temps que le nombre de ministres passait de 31 (en 2014) à 38 (en 2016) soit près d'un quart en plus. La progression est plus forte concernant les effectifs de cabinet, qui augmentent de 22% que pour le personnel support dont la croissance est de 5%.

Dans son analyse, René Dosière distingue en effet les personnels du cabinet «strict» (directeur de cabinet, adjoint, etc.) des personnels des fonctions support (secrétaires, chauffeurs, huissiers, personnels de sécurité, etc.). D'importantes fluctuations du nombre de personnels des cabinets «stricts» sont à souligner: le cabinet du Premier ministre a même vu son nombre de personnels du cabinet «strict» augmenter de 24%, passant de 45 à 56 personnes. Mais le nombre de personnels support est resté stable (+1,2% entre 2014 et 2016). Le ministère de la Réforme de l'Etat a enregistré une hausse de 21% de ses effectifs «stricts» entre 2014 et 2016. Le ministère de l'Intérieur et le ministère du Numérique enregistrent chacun une hausse de 17% de leurs effectifs «stricts». A contrario, le ministère des affaires européennes a réduit ses effectifs d'environ 9% de ses effectifs «stricts», et les ministères de l'Education Nationale et de l'Enseignement Supérieur ont chacun enregistré une diminution de 5% de leurs effectifs «stricts».

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Certes, à périmètre constant, René Dosière souligne que les effectifs ont diminué de 11,1% par ministère. Mais si l'objectif du gouvernement était de ne pas dépasser 15 personnels «stricts» par ministre et 10 personnels «stricts» par secrétaire d'Etat, 40% des ministres et secrétaires d'Etat restent au-dessus de ce seuil.

Les primes et indemnités en baisse

Concernant la rémunération, les montants astronomiques des conseillers ministériels ont connu une certaine décrue. On connaît la rémunération de 73% des effectifs du cabinet «strict», soit 404 personnes sur 551, et le nombre des rémunérations connues augmente chaque année (on ne connaissait que 370 rémunérations en 2015). Ainsi, selon le rapport Dosière, le coût global des rémunérations perçues par l'ensemble des 2.892 personnes qui travaillent dans les cabinets ministériels est de 152 millions d'euros: le cabinet du Premier ministre perçoit 30 millions d'euros et le gouvernement 122 millions d'euros, soit un coût par ministère de 3,2 millions d'euros. La rémunération du personnel «strict» des cabinets (y compris celui du Premier ministre) est de 54 millions d'euros, et celle du personnel support est de 98 millions d'euros, indemnités de sujétions particulières (ISP) comprises.

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Entre 2014 et 2016, la rémunération individuelle des personnels des «cabinets stricts» a diminué de 4,4% au cabinet du Premier ministre et de près de 10% au sein des autres cabinets ministériels.

Une baisse à relativiser car les rémunérations dans les cabinets ministériels restent élevées: la rémunération moyenne tous cabinets confondus s'élève à 7.624 euros et de 10.246 euros par mois pour le cabinet du premier ministre. Les ministères qui payent le mieux leur effectifs «stricts» sont l'Intérieur (9.871 euros en moyenne), l'Enseignement supérieur (9.691 euros) et la Défense (9.666 euros).

Publié dans Information

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