Programme de François Fillon : retraite, ISF, famille, islam... ce qu'il veut pour la France ET, pour les salariés

Publié le par angeline351

Le programme de Fillon sur les retraites

Sur les retraitesFrançois Fillon entend prendre en compte l’espérance de vie et ainsi reculer l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Il souhaite également harmoniser les différents régimes "pour maintenir le pouvoir d'achat des retraités" et "par souci d'équité entre les Français". Concrètement, le calcul dans le public se fera comme dans le privé : les 25 meilleures années seront prises en compte et les primes seront intégrées à la pension de retraite. S'il était élu, François Fillon aurait par ailleurs recours au référendum pour entériner la fin des régimes spéciaux. 

Côté emploi justement, François Fillon joue à plein la carte libérale. Il veut s'attaquer à un Code du travail trop lourd et l'alléger considérablement pour en garder la substantifique moelle : une poignée de grands principes, le reste étant décidé par accord d'entreprise ou négociation de branche. S'il prône les 39 heures pour les fonctionnaires, François Fillon veut que la notion de durée légale du travail disparaisse pour le privé. L'ancien Premier ministreveut aussi instaurer le "contrat de travail unique à droits progressifs", pour que la protection des salariés soit fonction de leur ancienneté. Il souhaite également aligner le régime fiscal des commerçants, artisans et indépendants sur celui des auto-entrepreneurs. Pour lutter contre la peur de l'embauche chez les patrons, il veut instaurer un nouveau motif de licenciement : le motif de "réorganisation". Un terme vague qui promet d'être débattu jusqu'aux prud'hommes s'il entre en vigueur. Enfin, il entend instaurer l'allocation sociale unique "pour que les revenus du travail soient toujours supérieurs à ceux de l'assistance". 

Le programme économique de Fillon : rigueur et baisse des charges

Sur l'économie de manière plus générale, la rigueur des années 2007-2012, quand François Fillon était à Matignon, est érigée en symbole dans son projet pour la présidentielle. Celui qui avait osé déclarer que la France était en "faillite" préconise l'économie de 100 milliards d'euros sur 5 ans sur les dépenses publiques. Une mesure qui irait de pair avec une réduction des impôts : baisse des charges pour les entreprises de 40 milliards, baisse de 10 milliards des charges sociales et fiscales pesant sur les ménages et suppression de l'ISF pour aider le financement des entreprises. La mesure choc pour arriver à économiser autant d'argent : supprimer 500 000 emplois publics. Un niveau que son principal adversaire, Alain Juppé juge irréalisable, mais qu'il compte bien atteindre en augmentant en contrepartie le temps de travail des fonctionnaires. François Fillon entend également remettre à l'ordre du jour la TVA sociale. Le taux actuel serait augmenté de deux points.

Le programme de Fillon sur l'immigration : quotas et aides réduites

Sur la sécurité d'abord, François Fillon propose d'injecter 12 milliards d'euros de plus pour renforcer les moyens de police, de défense et de justice, notamment avec la création de 16 000 places de prison. Il souhaite aussi interdire le retour en France des djihadistes partis à l'étranger et expulser les étrangers "appartenant à la mouvance terroriste". 

Sur l'immigration, François Fillon a l'intention de créer des quotas et de ne verser des aides qu'aux étrangers en situation régulière depuis au moins deux ans.

 

Le programme de Fillon sur l'Islam : la création d'un nouveau CFCM

Contrairement à d'autres candidats de la primaire de la droite, François Fillon ne souhaite pas interdire le port de signes religieux dans l'espace public. "Je refuse une France où l'on ne pourrait plus porter une croix dans la rue, un t-shirt à l'effigie du pape, une kippa, un turban ou un voile !", a-t-il affirmé dans un entretien au Figaro. Sur l'Islam en particulier, François Fillon a été clair : "il n'y a pas de problème religieux en France. Il y a un problème lié à l'Islam". L'ancien Premier ministre souhaite ainsi une nouvelle structure plus efficace que le CFCM mis en place par Nicolas Sarkozy, "une instance de concertation entre l'Etat et l'Islam en France". Dans une interview donné à Atlantico, François Fillon a donné plus de détails : selon lui, le CFCM "n'a pas marché parce que la désignation de ses membres se fait sur un mode qui donne le contrôle de l'instance à des pays étrangers". La nouvelle structure devrait donc être dirigée par "des théologiens, des hommes et des femmes respectés qui puissent servir d'intermédiaire". Sur le financement du culte, François Fillon souhaite interdire les fonds étrangers mais sans recourir à de l'argent public, estimant que "les musulmans sont suffisamment nombreux en France pour financer leur culte".

Le programme de Fillon sur la famille : restreindre l'adoption par les couples homosexuels, mesure clé

Sur le thème de la famille, François Fillon souhaite rétablir l'universalité des allocations familiales et fixer le plafond du quotient familial à 3000 euros (2500 euros pour Alain Juppé). Sur le mariage pour tous, François Fillon est sans doute le candidat des Républicains qui a la position la plus hostile. Seul Jean-Frédéric Poisson, candidat du parti chrétien démocrate, voulait abroger la loi. Mais contrairement à ses autres rivaux qui la jugent désormais comme acquise, François Fillon veut, lui, réécrire le texte. Le but : fermer l'adoption plénière aux couples homosexuels. François Fillon l'a en effet répété plusieurs fois dans sa campagne, notamment à La Croix et lors d'un grand meeting sur la famille en juin dernier à Saint-Mandé : il faut réserver adoption et PMA aux couples hétérosexuels. Les adoptions par des parents de même sexe seront soumises à l'appréciation d'un juge, qui évaluera la demande au regard de l'intérêt de l'enfant. Ce qui lui a permis de rallier les militants de Sens commun, mouvement proche de la Manif' pour Tous.

Le programme de Fillon sur l'avortement : une position ambiguë 

L'avortement n''apparaît pas réellement parmi les mesures détaillées dans le programme de François Fillon. Pour autant, le candidat s'est exprimé à plusieurs reprises sur le sujet. Lors d'un meeting en juin dernier dans les Yvelines, il avait estimé avoir commis une erreur dans son livre Faire en affirmant que l'avortement était un "droit fondamental".  "Ce n'est pas l'expression à utiliser", avait-il ajouté. Invité de L'Emission politique sur France 2, fin octobre, François Fillon avait tenté de clarifier sa position. "Je voulais dire que l'avortement, personne ne reviendrait dessus. Mais philosophiquement et compte tenu de ma foi, je ne peux l'approuver", a-t-il dit. Suite à sa victoire au premier tour de la primaire, l'entourage de François Fillon a de nouveau affirmé au Parisien que l'ancien Premier ministre n'était pas opposé à l'IVG.

Le programme de Fillon sur l'éducation : école plus tôt et promotion de l'apprentissage

Pour les plus petits, François Fillon veut instaurer l'instruction obligatoire un an plutôt. "Parce que tout commence là", affirme-t-il. Ainsi, tous les petits Français seraient attendus sur les bancs de l'école non plus à partir de six ans, mais à partir de cinq ans. Il estime également qu'il est nécessaire de réaliser régulièrement des tests afin de déterminer quels sont les élèves en difficulté. Par ailleurs, l'ex-Premier ministre compte également revenir sur la réforme des rythmes scolaires. Enfin, il est en faveur du retour des devoirs à la maison et souhaite supprimer l'interdiction actuellement en vigueur.

Côté collège et lycée, François Fillon souhaiterait que les deux examens du secondaire, le brevet et le baccalauréat, soient organisés plus tard qu'ils ne le sont actuellement, soit en juillet. La période scolaire se verrait ainsi allongée de quelques semaines, jusqu'à la fin juin. Le candidat à la primaire de la droite et du centreveut également autoriser les directeurs à virer les élèves les plus perturbateurs de leur établissement. Il va même plus loin en affirmant que ces derniers pourraient même avoir le droit de confier ces élèves à des établissements chargés de les remettre dans le droit chemin. Enfin, pour lui, chaque établissement devrait être en droit de décider si les élèves doivent mettre ou non l'uniforme.

Côté collège plus spécifiquement, François Fillon souhaite que les élèves n'aient que cinq professeurs différents qui se chargent de l'ensemble des matières du programme, du moins les deux premières années du secondaire. Autre mesure qu'il aimerait prendre : instaurer trois semaines de découverte des métiers. Deux devraient même être consacrées à des professions accessibles par l'apprentissage. En ce qui concerne l'apprentissage justement, comme Alain Juppé et Bruno Le Maire, il est pour une réduction des coûts pour les entreprises. Au programme : réduction des charges et création d'aides. Il envisage également de donner la gestion de l'apprentissage aux régions. Pour terminer, le candidat François Fillon se prononce en faveur de filières d'excellence à l'université et affirme que les établissements devraient fixer eux-mêmes les règles d'admission pour les masters.

Le programme de Fillon sur la santé : la part belle aux assurances privées

La vie quotidienne des Français pourrait réellement être bouleversée par les propositions de François Fillon sur la santé. Pour sauver notre système, il propose notamment de restreindre le champ d'action de la Sécurité sociale aux affections graves et de longue durée. Le reste -comme une visite chez un généraliste par exemple - serait pris en charge par les assures santé privées. Pour ceux qui ne pourraient pas s'offrir une telle garantie, François Fillon promet "un régime spécial de couverture accrue" et entend créer une agence chargée de réguler les contrats de complémentaires santé. Le candidat souhaite également mettre fin à la généralisation du tiers payant "qui donne le sentiment au patient que la médecine est gratuite et qui conduit à des abus", comme il l'explique dans son programme.

Parmi les autres mesures de François Fillon sur la santé, développer l'hospitalisation à domicile et les soins en ambulatoire, renforcer les incitations pour les médecins généralistes à l'installation dans les déserts médicaux, rétablir les 39 heures à l'hôpital ou encore imposer l'équilibre des comptes de l'assurance maladie.

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