Les blouses blanches voient rouge

Publié le par angeline351

Les blouses blanches voient rouge

 

A travers une manifestation à Paris et une centaine en province à l’appel de FO notamment, des milliers d’hospitaliers (infirmiers, aide-soignant, administratifs…) en grève ont protesté ce 8 novembre contre la dégradation de leurs conditions de travail due à la réduction des effectifs mais aussi à des restructurations qui au fil des réformes détériorent la capacité des hôpitaux à remplir leur mission de service public.

On a rarement connu une mobilisation aussi importante et large indiquait Denis Basset ce mardi 8 novembre dans la matinée. Le secrétaire général de la branche Santé au sein de la Fédération FO des Services publics et de Santé (SPS-FO) participait à la manifestation parisienne qui a réuni 3 500 agents hospitaliers de Montparnasse vers le ministère de la Santé et des milliers d’agents dans une centaine de cortèges en province.

Lors de cette journée de grève et d’actions à l’appel de quatre syndicats dont FO, où, ont défilé aux côté des hospitaliers, des salariés de la santé privée mais aussi des organisations d’infirmières libérales ou étudiantes ainsi que certains syndicats de médecins, une délégation syndicale a été reçue à Paris par la directrice générale du ministère.

 

Pour Denis Basset qui relève la profonde colère des personnels hospitaliers le gouvernement doit inverser la tendance et cesser immédiatement de soumettre les services hospitaliers à une politique essentiellement comptable. FO Santé demande ainsi l’arrêt de la loi Santé et l’établissement des budgets hospitaliers à partir de nouvelles bases.

Pour l’instant en effet, à travers les économies à réaliser dans le cadre du pacte de responsabilité 2015-2017, l’hôpital est mis à contribution pour 3,5 milliards d’économies.

Or, c’est inacceptable insiste Denis Basset précisant qu’à travers l’Odam (objectif national des dépenses de l’assurance maladie), les hôpitaux devront réaliser 844 millions d’économies supplémentaires en 2017.

Le « malaise » hospitalier

Pour FO, ces économies imposées aux services hospitaliers sont tout simplement insupportables. D’autant plus insupportable que l’état des services s’est fortement dégradé et par conséquent, les conditions de travail des personnels le sont tout autant.

Les budgets en baisse constante, les restructurations de services, la dégradation des conditions de travail et la mise en péril de la mission publique hospitalière… Tout est lié et explique la colère des personnels souligne Denis Basset.

La dernière réforme en date, la loi Santé adoptée en janvier dernier a fini de mettre de l’huile sur le feu. Cette loi créée 135 Groupements hospitaliers de territoire (GHT) au sein desquels 850 hôpitaux doivent se regrouper. Cela implique des restructurations de services, des regroupements et autres transferts d’activités visant à réduire toujours davantage le coût de la mission hospitalière. Une réduction des coûts qui pèse sur les conditions de travail des agents.

Il y a un vrai malaise à l’hôpital indique de son côté Jean-Claude Mailly. Un malaise induit par le problème global de réduction des dépenses publiques sociale. Pour le secrétaire général de la Confédération FO, il faut desserrer le corset budgétaire, revoir le mode de financement des hôpitaux et être beaucoup plus souple avec la mise en place des GHT car à certains endroits on est en train de construire des monstres qui sont ingérables.

« On fait du chiffre »

C’est ce « malaise » que les personnels hospitaliers sont venus exprimer dans les différentes manifestations. A Paris, derrière une banderole syndicale commune Hirsch vole les repos des héros ou encore des pancartes rappelant les situations de burn-out d’agents ou encore les cas de suicides, les personnels de l’AP-HP (assistance publique hôpitaux de Paris) et d’autres venus de régions proches demandent l’arrêt de cette austérité imposée aux services.

Publié dans COMMUNIQUE FO

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