carton rouge aux banques françaises sur le charbon

Publié le par angeline351

carton rouge aux banques françaises sur le charbon

 

Les banques françaises continuent de financer la filière charbon, malgré les engagements pris à Paris lors de la COP21. Dans un rapport, l'ONG les Amis de la Terre pointe les activités de BNP Paribas en Pologne.

Les banques tardent à concrétiser leurs engagements sur le climat, en particulier sur le charbon, l'énergie fossile la plus polluante. Alors que l'accord de Paris () visant à limiter le réchauffement de la planète sous les 2 degrés, voire à 1,5 degré, entre officiellement en vigueur ce vendredi, les Amis de la Terre pointent le retard pris par les banques tricolores sur la filière charbon. «Un an après la COP21, on s'aperçoit que non seulement les mesures adoptées par les banques sont insuffisantes pour répondre à l'urgence climatique, mais surtout, qu'elles tardent à être mises en œuvre», commente Lucie Pinson de l'ONG. Les Amis de la Terre mettent l'accent sur BNP Paribas, qui avec plus de 11 milliards d'euros entre 2009 et 2014, atteint le quatrième rang mondial en matière de financement bancaire de la filière charbon.

Le rapport passe au crible quatre banques françaises - BNP Paribas, BPCE, Crédit agricole et Société générale. En s'appuyant sur six types de financement dans le charbon: soit directement dans les projets de mines ou de centrales à charbon, soit indirectement via des entreprises qui développent de nouveaux projets de charbon, des producteurs d'électricité à partir de charbon, des sociétés minières actives dans le secteur et enfin l'acquisition ou la vente d'une centrale ou mine à charbon. La filière charbon compte actuellement 1500 nouveaux projets parmi lesquels des centrales qui ajouteront 1400 gigawatts de capacité supplémentaires, soit plus de vingt fois la capacité du parc nucléaire français.

Engagement récent de Société générale et Crédit agricole

Sur le financement direct, les banques sont plutôt dans le vert. Même si seule Natixis ne finance plus de nouveaux projets. Crédit Agricole et Société Générale ont franchi récemment un pas supplémentaire en s'engageant à ne plus financer de nouvelle centrale dans les pays en développement, à partir de 2017. La mesure prise lors de la COP21 se limitait aux pays à haut revenu. Une annonce positive, saluent les Amis de la Terre, à condition de la respecter et notamment de se retirer de nouveaux projets en Indonésie et République dominicaine. Pointée du doigt, BNP Paribas autorise toujours le financement direct de centrales dans les pays à haut revenu.

En revanche, les engagements sur les financements d'entreprises, qui représentent la majorité des soutiens financiers au charbon, laissent à désirer. «Aucune banque n'a aujourd'hui de politique satisfaisante», critique Lucie Pinson. Avec un carton rouge pour le Crédit agricole et BPCE et des doutes sur le respect des engagements pris par BNP Paribas et Société générale.

BNP Paribas active en Pologne

En théorie, BNP Paribas ne doit plus financer des entreprises qui ne réduisent pas leur exposition au charbon. «Comment se fait-il que BNP Paribas n'ait pas déjà exclu PGE, l'entreprise polonaise qui produit déjà 85% de son électricité à partir du charbon et prévoit d'orienter plus de 83% des nouveaux investissements dans le charbon (dont deux mines à ciel ouvert et deux centrales à charbon)?», s'étonne la représentante des Amis de la Terre. Alors même que BNP Paribas est censée ne plus financer de projet dans les pays à haut revenu, dont la Pologne fait partie. Deuxième consommateur et producteur de charbon européen, le pays fait figure de mauvais élève de l'UE en matière climatique, qui résiste aux initiatives de décarbonation de l'économie.

Autre réserve de l'ONG, BNP Paribas aide Engie à vendre sa centrale à charbon de Polaniec en Pologne. Or, l'une des mesures promises par la banque est de ne plus aider la transaction de mines de charbon partout dans le monde, ni celle de centrales dans les pays riches. 

Engie va fermer une des centrales les plus polluantes d'Australie

Le géant français Engie a annoncé, ce jeudi, la fermeture de la centrale au charbon d'Hazelwood en Australie, l'une des plus polluantes de ce pays qui est l'un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre par habitant. Vieille d'un demi-siècle, la centrale devenue non viable sur le plan économique fermera en mars 2017. Elle était entrée dans le périmètre d'activités d'Engie (ex-GDF Suez) lors du rachat du producteur d'électricité britannique International Power en 2010. Son capital est détenu à 72% par Engie et à 28% par le Japonais Mitsui.

L'énergéticien français a renoncé à investir dans de nouveaux projets de production d'électricité à base de charbon. Le groupe dit aussi avoir prévu 15 milliards d'euros de cessions d'actifs sur trois ans, dans le cadre de son ambition de se concentrer sur les énergies bas carbone.

Les Amis de la Terre ont salué la décision et appelé à une réhabilitation complète du site ainsi qu'à une reconversion des emplois directs et indirects. Le gouvernement fédéral va débloquer une enveloppe de 43 millions de dollars australiens (29 millions d'euros) pour le reclassement des employés, qui complétera une contribution de l'État de Victoria de 22 millions.

L'enjeu est aussi de trouver une solution pour l'approvisionnement énergétique car Hazelwood fournit encore 22% des besoins de l'État de Victoria et 4% de ceux du pays.

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