Augmentation des inégalités en France : mythe ou réalité ?

Publié le par angeline351

Augmentation des inégalités en France : mythe ou réalité ?

Selon le coefficient de Gini, il n'y aurait pas plus d'inégalités en France aujourd'hui qu'il y a 35 ans. Pourtant, cet indicateur masque des situations très variées avec de fortes disparités en fonction des zones d'habitation et des différentes générations. Explications de notre partenaire Xerfi Canal.

 

A n’en pas douter, la montée des inégalités sera l’un des thèmes de la campagne présidentielle. Pourtant, à regarder rapidement les statistiques, le débat n’a pas lieu d’être. Les écarts des niveaux de vie mesurés à travers l’indicateur de Gini sont incroyablement stables dans le temps, accrochés autour d’une valeur pivot proche de 0,3. Et le constat est là, à la virgule près, il n’y a pas plus d’inégalités aujourd’hui qu’il y a 35 ans.

Il y a eu certes une violente montée des inégalités avec la crise : le chômage frappe les plus faibles, la part des CDD ou du temps partiel explose, les bas salaires sont pénalisés par la faible revalorisation du Smic, mais les inégalités se réduisent ensuite sous le double impact de la chute des taux d’intérêt qui abaisse les rendements des placements financiers (majoritairement détenus par les plus privilégiés) et le durcissement de la fiscalité du capital qui a essentiellement réduit le niveau de vie des plus aisés. Bilan, sur les deux derniers quinquennats et malgré la plus grande crise depuis la 2ème guerre mondiale, les différences ne sont visiblement pas attisées où de façon très marginale. Même constat fait par l’Insee du côté du patrimoine. Le patrimoine brut « hors reste » (c’est-à-dire hors véhicules, équipements de la maison, bijoux et œuvre d’art) s’est même légèrement réduit sur les 5 dernières années.

Ce n’est évidemment pas la perception des Français. Alors de deux choses l’une ou les Français ont une perception totalement biaisée de la réalité, enfermés dans la sempiternelle complainte du « c’était mieux avant » ou l’Insee ment ? En fait, c’est bien plus complexe. D’abord, il ne faudrait pas se concentrer sur la notion de niveau de vie mais se pencher sur le « reste à vivre » une fois déduit principalement le coût du logement ainsi que les autres dépenses pré-engagées. En 15 ans, les prix des logements à Paris ont été multipliés par plus de de 2,5 et de près de 2 en France. Dans le même temps, le revenu par ménages lui s’élevait de 23% seulement. En d’autres termes, le salaire ne suffit plus, il faut aussi hériter ou être aidé. C‘est une inégalité générationnelle et elle est forte.

Dernière inégalité montante, celle entre d’un côté les centres des grandes métropoles où vit une élite branchée sur la mondialisation et de l’autre nombre de villes de taille moyenne ainsi que certaines zones rurales en voie de paupérisation comme le montre les données d’Eurostat.

Publié dans Information

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article