À l'Assemblée, une centaine d'amendements contre le délit d'entrave à l'IVG

Publié le par angeline351

À l'Assemblée, une centaine d'amendements contre le délit d'entrave à l'IVG

Plusieurs députés de droite dénoncent la proposition de loi visant à permettre la fermeture de sites diffusant des informations contestées pour dissuader les femmes d'avorter.

La question de l'IVG était revenue au premier plan pendant la semaine de l'entre-deux tours de la primaire. Ele revient sur le tapis cette semaine, à l'occasion du vote à l'Assemblée sur la création d'un «délit d'entrave numérique» pour interdire les sites diffusant des informations contestées sur l'avortement. Alors que l'Église de France a vivement affiché son désaccord, plusieurs députés de droite se mobilisent pour faire entrave à ce qu'ils considèrent comme une mesure liberticide. Une centaine d'amendements ont été déposés par 14 députés des Républicains, du FN et de la Ligue du Sud.

L'ancien candidat à la primaire de la droite Jean-Frédéric Poisson a déposé un amendement de suppression «au nom de la liberté d'expression». «Au moment du vote de l'état d'urgence, j'avais proposé un amendement sur la suppression des sites djihadistes, qui avait été retoqué. On voit bien là la hiérarchie des maux révélatrice de la mentalité socialiste», s'indigne le président du PCD. «Si le gouvernement faisait un travail réel d'information sur les conséquences réelles de l'IVG, les associations n'éprouveraient pas le besoin de le faire», argumente-t-il. Les députés LR Nicolas Duicq et Michèle Voisin ont signé également son amendement.

«Police de l'opinion»

Pour Hervé Mariton, qui a lui aussi déposé un amendement de suppression, «ce dispositif de la gauche qui s'appuie sur l'idée de pressions psychologiques est périlleux pour les libertés publiques.» «Comment définir le périmètre de ces pressions sans tomber dans la police de l'opinion?», s'interroge le député. «En matière d'IVG, la loi Veil est un point d'équilibre. Toute la loi Veil, rien que la loi Veil», estime le député qui pense que tout changement constituerait une dérive. Comme Jean-Frédéric Poisson, il déplore le manque de mobilisation de la droite parlementaire sur ce sujet. «Les débats de ces dernières semaines ont montré,

qu'en matière de prise de conscience idéologique, il y avait encore des progrès à faire à droite», lâche le député. D'en l'entre-deux-tours, ce soutien d'Alain Juppé avait publié un communiqué déplorant «la tension politique de la campagne de second tour» après les propos du maire de Bordeaux accusant François Fillon d'être flou sur l'avortement. Le député de la Manche Philippe Gosselin, ex-soutien d'Alain Juppé, a lui aussi déposé un amendement de suppression.

Marion Maréchal Le Pen a elle aussi proposé la suppression du texte. «Castro est mort mais des groupies reprennent ses bonnes vieilles méthodes de censure de la liberté d'expression», lance la benjamine de l'Assemblée, qui a déposé quatre amendements dont l'un de surpression. La jeune députée du Vaucluse a déposé un amendement avec l'autre député FN Gilbert Collard demandant aux médecins demander «une confirmation écrite» en cas de volonté d'IVG.

Le député-maire d'Orange et président du parti d'extrême droite Ligue du Sud Jacques Bompard a fait du combat contre l'IVG son cheval de bataille. Il a déposé lui plus de 50 amendements sur le délit d'entrave numérique dans lequel il voit une «promotion de la culture de mort». Il ne se contente pas d'en demander la suppression, mais a même proposé un amendement pour obliger «les sites faisant ouvertement l'apologie de l'avortement» «d'insérer un onglet indiquant les dangers que peut engendrer l'avortement» ainsi que la création d'un «délit d'incitation à l'avortement». Le député propose également dans un de ses amendements la création d'une «journée nationale de commémoration des victimes de l'eugénisme».

L'extension du délit d'entrave à l'interruption volontaire de grossesse doit être discutée jeudi à l'Assemblée.

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