Vivarte: l’attitude ambiguë des actionnaires créanciers crée le trouble

Publié le par angeline351

Vivarte: l’attitude ambiguë des actionnaires créanciers crée le trouble
 

 

 

La rencontre prévue ce mercredi entre Patrick Puy, le nouveau patron de Vivarte (« Les Echos » du 28 octobre), et les représentants des organisations syndicales promet d'être houleuse. Une fois le choc passé, après avoir pris connaissance jeudi dernier du limogeage de Stéphane Maquaire, le directeur général nommé il y a huit mois, ces derniers ont réagi violemment à la décision du conseil d'administration du groupe d'habillement et de chaussures. Par la voix d'un collectif, la CGT déclarait dés vendredi dans un communiqué que la nomination d'un « 5ème PDG depuis quatre ans (...) n'augure pas d'un avenir radieux » pour les salariés, au regard de « son parcours de dépeceur d'entreprise et de destructeur d'emploi dans plusieurs entreprises. » De son côté, Jean-Louis Alfred, le délégué syndical CFDT, contacté par « Les Echos » n'a pas non plus de mots assez durs pour dénoncer l'attitude des administrateurs de Vivarte.

Pas de stratégie lisible

Alors que le syndicaliste CFDT s'était montré plutôt bienveillant avec Stéphane Maquaire suite à la présentation de son plan en septembre dernier, au risque de se faire traiter par certains de ses camarades de « traitre », il n'y va pas, cette fois, par quatre chemins: pour lui, Donald Bryden, senior advisor d'Oaktree Capital France, le fonds américain en position de force chez Vivarte, est « un fou dangereux », et Patrick Puy, le nouveau dirigeant qu'il a choisi, « un mercenaire ». Selon lui, « le problème à Vivarte ce ne sont pas les PDG mis à sa tête, mais ces fonds américains qui ont pris le pouvoir et prétendent administrer un leader français de l'habillement plombé par un dernier LBO à 3,2 milliards d'euros ». De fait, faute de stratégie lisible depuis deux ans et demi, le groupe a vu son excédent brut d'exploitation (Ebitda) fondre à près de 50 millions d'euros au terme de l'exercice 2015-2016, clos fin août, pour un chiffre d'affaires d'environ 2 milliards, contre près de 500 millions en 2011.

Actionnaires ou prêteurs ?

Richard Simonin, auquel a succédé Stéphane Maquaire, lui-même successeur de Marc Lelandais également remercié sèchement, pointe du doigt la position ambigüe, de ces administrateurs, censés prendre en compte l'intérêt social de l'entreprise, qui sont aussi actionnaires et prêteurs. « Certaines enseignes, comme Minelli, San Marina, Merkel, Besson et Caroll marchent bien mais elles ont besoin d'oxygène, or elles ne reçoivent plus les investissements que justifieraient leurs résultats », ajoute ce spécialiste du redressement d'entreprise.

A croire que plus ça va mal pour ce groupe qui emploie 17.000 personnes, mieux c'est pour ses actionnaires qui ont tout de même dû abandonner 2 milliards d'euros de créances et apporter 500 millions de « new money ». Mais précisément, explique un proche du dossier, cette somme apportée en novembre 2014 a été financé par un « bond » rémunéré à 11%, monté avec ce qu'on appelle dans le jargon un « intérêt pic ». En clair, celui-ci est capitalisé chaque année et inscrit dans les comptes. En cumul, il se monterait aujourd'hui à 105 millions d'euros, auxquels s'ajoutent quelque 100 millions de plus sur l'ancienne dette, les 1,5 milliard restant, soit au total plus de 200 millions pour les créanciers. Sans compter, ajoute cette source, que dans l'accord de restructuration de la dette conclue en août 2014, toute cession d'actif viendra pour les deux-tiers au service de la dette et pour un tiers à l'entreprise. Les syndicats, qui craignent un démantèlement du groupe, promettent déjà un mouvement social particulièrement dur alors que se profile l'élection présidentielle .


 

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