Intervention au meeting de rentrée de l’Union Régionale d’Ile-de-France FO

Publié le par angeline351

Intervention au meeting de rentrée de l’Union Régionale d’Ile-de-France FO

« Mes chers Camarades,

A n’en plus douter, nous sommes face à un gouvernement antidémocratique et à la solde du patronat.

Jamais nous n’avons connu un tel mépris des travailleurs et de leurs intérêts.

L’attaque est frontale et ils n’avancent pas masqués.

Le patronat veut, le gouvernement donne sans aucune pseudo contrepartie.

CICE, pacte de responsabilité, etc. massacre de notre protection sociale par les allègements des cotisations sociales, le cocktail est dur à supporter.

Les salariés des Galeries Lafayette, Kookai, André, La Halle, Tel & Com, etc. connaissent la contrepartie des cadeaux : restructurations, licenciements, reclassements voués à l’échec.

C’est-à-dire le massacre de l’emploi pour une baisse du coût du travail.

Avec 6 millions de chômeurs, un peu plus, un peu moins, le gouvernement s’appuiera sur de nouvelles méthodes pour radier les chômeurs et contenir les chiffres du chômage, on ne peut pas l’accepter.

Et pourtant, les cadeaux continuent.

Dernièrement, à coup de 49-3 par deux fois, le gouvernement a imposé sa loi ou plus exactement, il a fait sa loi au Parlement. La loi Macron, baptisée par notre Secrétaire général, la loi fourretout.

Elle nous concerne grandement dans le commerce.

Une partie de cette loi vient augmenter la dérèglementation apportée par la loi Mallié sur la remise en cause du Repos Dominical et en plus favorise le travail de nuit.

C’est à juste titre que l’on se pose la question, est-ce qu’aujourd’hui le principe du Repos Dominical prévu dans la loi n’est pas devenu le principe du travail du dimanche ?

La réflexion est très sérieusement ouverte avec l’appui de notre Confédération.

Tant de dérogations sont offertes que le travail du dimanche va se généraliser avec des conséquences sociales dramatiques.

Certaines des entreprises citées à l’instant ouvraient le dimanche comme par exemple LA HALLE. Elles seront concernées par les nouvelles mesures sur les ZTI, entre autres les Galeries Lafayette. Pourtant, elles licencient des CDI à temps pleins et on nous parle de création d’emplois ?

Le ministère de l’Economie et son sous-ministère, celui du Travail, ont envoyé deux lettres à la Fédération des Employés et Cadres qui a répondu publiquement par voie d’un communiqué de presse, pour condamner la méthode utilisée.

Méthode à nouveau anti-démocratique…

Une lettre sur les ZTI (Zones Touristiques Internationales) et l’autre sur l’ouverture du commerce au niveau… attention prenez vos stylos… au niveau de l’emprise des gares.

Dans le cadre des ZTI, il a été demandé un avis, sans pour autant donner les éléments sur ce qu’est une ZTI : Quelle est sa définition précise ? Quels sont les critères pour être classé en « Zone Touristique Internationale » ?… On fait comment pour donner un avis et même contester le décret d’application ?

C’est la première démonstration de mépris des organisations syndicales par le gouvernement.

La deuxième, il a été fourni un plan + la liste de rues pour les zones retenues sur Paris… On y reviendra… et en Province on nous cite des villes pas des zones, mais des villes comme Nice, Cannes et Deauville… mais aucune info sur les rues qui définissent la ou les zones prévues dans ces villes.

Et sur quoi doit-on donner un avis ?

On revient sur Paris, dans les « Zones Internationales Touristiques », donc pour ceux qui n’ont pas compris ZTI, c’est pour les touristes qui ne viennent pas de chez nous… ni pour le Berrichon qui monte à Paris, ni pour le Chinois qui est installé et travaille en France, ni pour le banlieusard qui vient se promener à la capitale.

Tout le monde a bien compris ? Oui ? Non ?

Pour ceux qui ont compris et qui connaissent un peu Paris, dans ces ZTI, il y a Les Olympiades, le 13ème avec le quartier chinois qui n’est pas touristique et la Place d’Italie. Comme ça, les commerces ouverts illégalement le dimanche dans le quartier chinois, le seront maintenant légalement.

Les ZTI permettent aussi de répondre aux vœux du PDG de la fnac qui pourra ouvrir les fnac d’Italie 2, Forum, Ternes, St Lazare, etc. en plus des Champs actuellement.

Le patron veut, le gouvernement donne.

Il y a aussi Beaugrenelle qui est, comme vous le savez, un haut lieu touristique, voire même international. D’autres exemples sont à dénoncer, mais on ne va pas y passer la journée.

Mais au fait, les demandes d’avis de ce type, normalement elles sont faites auprès des UD. Pour Paris c’est la préfecture et pour les autres villes, c’est la mairie qui les formule auprès de l’UD concernée.

Voilà une nouvelle démonstration du mépris offert aux organisations syndicales.

Le gouvernement consulte une fédération pour ne pas consulter les UD, en particulier celle de Paris, puisque cette loi est faite uniquement pour contourner le niveau local car la Mairie de Paris avait refusé d’augmenter le nombre de zones touristiques, à la commande des grands magasins et en particulier de M. ARNAULT qui voulait ouvrir la nuit son Séphora sur les Champs-Elysées.

Oui, parce que dans ces ZTI on peut y travailler la nuit et le dimanche. Ils appellent ça le travail en soirée, mais jusqu’à minuit pour la fermeture des grilles, après tout le monde sait qu’il faut effectuer certaines tâches de fermetures… A quelles heures vont finir ces salariés ? Dans quelles conditions vont-ils rentrer chez eux ? Le gouvernement s’en fout.

Voilà comment le gouvernement a piétiné le Conseil de Paris, la démocratie locale qui nous avait entendus avant de formuler leur refus. Oui, ils avaient demandé notre avis, mais avant de décider.

Mais le NON de Paris a déplu aux patrons, donc le gouvernement autoritaire a dit OUI.

N’oublions pas les gares ou plus exactement l’emprise de la gare… si quelqu’un connait la définition d’une emprise et comment elle se concrétise en terme de périmètre… Eh bien, là aussi, ce n’est pas dans les documents remis pour avis.

Toutes les grandes gares parisiennes sont concernées, mais aussi celles de Lyon-Part-Dieu, Marseille, Bordeaux, Avignon, Nice et Montpellier.

Juste pour rigoler, le ministère de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie est en copie.

Comme si ouvrir les magasins 7 jours sur 7 ça ne fait pas plus de consommation d’énergie et augmente la pollution pour se rendre dans les magasins.

Et dans les gares, c’est avec le développement des transports par cars, prévu par la loi Macron, que ça va diminuer la pollution ! NON, juste casser le service public.

Pour FO, restons concentré sur nos valeurs, nos revendications, nos résolutions en particulier celles du dernier Congrès confédéral.

Le travail du dimanche, c’est NON… depuis JOUHAUX, nous avons revendiqué les deux jours de repos consécutifs dont le dimanche.

Il est hors de question que l’on soit d’accord que des salariés des TPE soient traités différemment que les autres. Dans le commerce, les grandes enseignes développent des franchises, donc des TPE pour éviter de « s’emmerder » avec le social… les salariés qui y travaillent n’auront pas de compensation pour le sacrifice de leurs dimanches et le travail en soirée.

Oui, les salariés seront traités différemment car les négociations seront renvoyées au niveau des entreprises pour favoriser le dumping social et le syndicalisme maison qui développera au final le corporatisme, c’est-à-dire la charte du travail. [1]

Du fric, ils veulent du fric.

C’est pour cela qu’il ne faut pas accompagner cette destruction de nos droits par des négociations d’accompagnement.

Nous devons dessiner le temps de travail pour qu’il s’en dégage l’essentiel : notre temps de vie, « le droit à la paresse » [2]

C’est toute l’Organisation qui doit se battre contre ce gouvernement et le patronat qui s’attaquent par tous les bouts à nos conquêtes sociales.

C’est une véritable guerre sociale, nous devons nous mettre à la hauteur des enjeux.

Peu importe qui est ou sera dans le gouvernement.

C’est libres et indépendants que nous sommes,

C’est libres et indépendants que nous devons porter nos revendications,

C’est libres et indépendants que nous devons organiser avec tous les autres organisations syndicales, qui sont sur des bases claires, la défense et la reconquête de nos droits.

120 ans d’histoire, ils ne vont pas effacer la CGTFO, comme Pétain l’a fait sous l’occupation. Nous étions alors rentrés en Résistance Ouvrière.

Vive la CGTFO.«

Publié dans COMMUNIQUE FO

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