Smart : le retour aux 39 heures rejeté par les syndicats majorita

Publié le par angeline351

Smart : le retour aux 39 heures rejeté par les syndicats majorita


 

Bien que validé par la CFE-CGC et la CFTC, l’accord de retour progressif aux 39 heures ne devrait pas être appliqué du fait de l’opposition de la CGT et de la CFDT, majoritaires. Cette signature met fin aux négociations.

Un accord mort-né ? Présenté une nouvelle fois, après plusieurs semaines de négociations, au

comité central d’entreprise de l’usine Smart à Hambach (Moselle), l’accord portant sur le retour

progressif – d’ici à 2018 – aux 39 heures a été signé hier par la CFE-CGC, à laquelle s’est jointe

la CFTC, encore hésitante il y a quelques jours. Son revirement permet aux organisations

signataires d’atteindre le seuil de 30 % des suffrages exprimés lors des élections

professionnelles rendant applicable un accord collectif. Dans un communiqué laconique, la

direction du constructeur automobile « se félicite de la signature de cet accord d’entreprise

mettant ainsi un terme à la négociation ». En théorie, pour que l’accord puisse être mis en

œuvre, il faudrait désormais « solliciter, et obtenir, l’accord individuel de chacun des salariés

concernés »comme l’expliquait Frédéric Géa, professeur agrégé de droit privé à Nancy,

Las, le projet de la direction ne devrait pas aller bien loin. Car la CFDT et la CGT, qui détiennent

56 % de représentation syndicale, indiquent faire valoir leur droit d’opposition, qui invalidera

alors l’accord. « La notification de notre opposition sera adressée dès [jeudi], par courrier

recommandé, aux parties signataires », indique Didier Getrey, délégué CFDT. Dès le début, ces

deux organisations syndicales, un temps accompagnées par la CFTC, s’étaient

prononcées contre le projet de la direction d’allonger le temps de travail, sans augmentation de

salaire mais en contrepartie d’un maintien de l’emploi sur le site jusqu’en 2020. « Dans la

nouvelle version qui nous a été présentée, il est fait mention d’une possible mobilité des salariés

dans un rayon de 150 kilomètres », s’insurge le représentant CFDT.

Des salariés divisés

 

 

Le « pacte 2020 », nom donné au projet par la direction, divise profondément les quelques 800

 

salariés du site qui avaient été appelés à se prononcer par référendum le 11 septembre dernier.

 

Si, à 56 %, ils avaient voté en faveur du retour aux 39 heures, ce résultat cachait de fortes

 

disparités catégorielles : approuvé par près des trois quarts des cadres, techniciens et agents

 

de maitrise, le plan de la direction était rejeté par 61 % des opérateurs de production. Les

 

syndicats opposés à ce projet insistent par ailleurs sur son incidence pour les sous-traitants du

 

constructeurs, employant environ 800 salariés, qui devraient également être soumis au retour

 

aux 39 heures.

Pour justifier sa proposition, la direction de Smart avance la nécessité de réduire le coût horaire

de travail de 6 % pour pallier le déficit de compétitivité dont souffre le site d’Hambach par rapport

à celui de Novo Mesto, en Slovénie, qui produit déjà la Smart ForFour. Maintenant que l’accord

de compétitivité prend l’eau, les regards se tournent vers la direction et les éventuelles

conséquences sur le site

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