On veut du temps pour vivre

Publié le par angeline351

 On veut du temps pour vivre » – extrait du JEC n°80

Le rythme « Métro – Boulot – Dodo » nous est imposé pour gagner notre vie. A cela, nous opposerons « vive les 3 x 8 ! ».

Nous avons, nous aussi, notre slogan qui n’est pas d’aujourd’hui, mais nous comptons bien le remettre au goût du jour : « 8 heures de travail, 8 heures de loisirs, 8 heures de sommeil ». C’est l’axe de revendications choisi par la dernière Conférence Professionnelle du Commerce.

C’est la reprise de la revendication de notre Organisation syndicale portée par Léon JOUHAUX, le Secrétaire général de la vieille CGT de 1909 à 1947 et l’un des fondateurs de la CGTFO.

Cette revendication avait obtenu satisfaction au lendemain de la Première Guerre Mondiale, où l’afflux de main d’œuvre par le retour des hommes de la guerre et la présence des femmes dans le monde du travail pendant leur absence, firent craindre une montée du chômage. La baisse du temps de travail répondait à une meilleure répartition de la masse de travail.

Aujourd’hui, pas de crainte à avoir, le chômage est effectif.

Il faut donc :

- diminuer le temps de travail pour diminuer le nombre de chômeurs,

- lutter contre les rythmes de travail qui ont développé des maladies, reconnues ou non, que nous subissons et qui viennent fatalement empiéter sur notre vie privée.

 

Les valeurs seraient inversées, on ne travaillerait plus pour vivre, mais l’on vivrait pour travailler : l’exploitation à son paroxysme.

 

On nous parle de stress au travail, de BURN-OUT, de surcharge au travail, etc. En effet, et en particulier depuis le passage aux 35 heures, le temps de travail a diminué (en partie), mais la charge de travail, elle, n’a pas diminué pour autant.

Nous n’oublions pas, en particulier en ce moment, tous les plans de restructuration et de destruction d’emplois que les entreprises nous ont fait subir. Moins d’effectifs pour autant de travail, ce qui amène à détériorer nos conditions de travail.

Pour répondre aux besoins de présence et de production, les employeurs, avec l’aide de nos gouvernants, nous ont pondu de nouvelles méthodes de travail. La liste est longue et les règles sont différentes d’une entreprise à une autre. La remise en cause du principe de faveur n’est pas étrangère à cela. C’est du dumping social.

De la flexibilité, à la modulation, au télétravail, au travail le dimanche, les jours fériés, la nuit, notre présence est de plus en plus importante au travail et empiète sur notre vie privée. D’autant plus que le travail se transporte partout avec les nouvelles technologies. A ce sujet, notre Confédération a publié une animation titrée : « Le droit des travailleurs à l’ère du numérique ». [1]

Dans le Commerce, on ne dit plus travail de nuit, mais de soirée… C’est une commande de M. ARNAULT pour son magasin SEPHORA des Champs-Elysées. Résultat, on hérite d’une loi qui couvrira plusieurs zones touristiques internationales. Quand un gouvernement est à la solde du capital…

A ce propos, les ministres du Travail et de l’Economie et de l’Emploi nous sollicitent pour connaître notre avis à propos de leur loi Macron. Ne nous auraient-ils pas entendus ?

Pourtant, nous n’avons jamais vu de manifestation de clients réclamant l’ouverture des magasins la nuit ou le dimanche. C’est bel et bien à chaque fois le patronat qui décide de bafouer la législation au détriment des salariés (sous-payés pour avoir des volontaires).

Nous avons l’air à contre-courant avec nos orientations, certains, nous les entendons déjà, diront que nous sommes ringards, voire passéistes. Pourtant n’est-ce pas le rôle d’un syndicat que de porter des revendications pour améliorer les conditions des travailleurs ?

La modernité et l’avenir doivent être tournés vers le mieux-être, le contraire serait alors passéiste. Une volonté d’anéantir des conquêtes sociales comme le repos dominical, le non travail de nuit, la réduction du temps de travail, s’inscrivent dans une volonté de nous renvoyer au 19ème siècle. Alors qui est passéiste ?

Il est temps de reprendre le cahier de revendications propre à nous-mêmes et de le partager avec les salariés, puis le poser sur la table des négociations.

C’est à cet effet que nous avons travaillé sur une communication qui se base sur la résolution de la Section Commerce, votée à l’unanimité moins une abstention, lors de la Conférence Professionnelle qui s’est tenue cette année à Niort. [2]

Une affiche et un tract nous serviront de supports pour aller à la rencontre des salariés pour promouvoir le mieux-être, celui que l’on a avec nos amis, nos enfants, nos conjoints et tous ceux que l’on veut. Faire ce que l’on veut ! Mais aussi se reposer pour ne pas aller au travail plus fatigué que la veille.

Alors, nous revendiquons une nouvelle répartition du temps de travail, pour assurer du temps de loisirs et du temps de repos. Elle doit se faire dans le cadre de CDI à temps complet.

Aucun salarié du commerce ne doit subir une forme de discrimination et/ou un traitement non égalitaire par rapport à un salarié d’une enseigne concurrente. La concurrence doit s’assurer sur la politique commerciale et non sur le dumping social.

- Un temps de travail hebdomadaire et non annualisé sans véritable repère.

- Le passage aux 32h hebdomadaires avec une répartition sur 4 jours (4 fois 8h).

- Le retour des deux jours de repos consécutifs dont le dimanche ; c’est la semaine anglaise, revendication portée par Léon JOUHAUX.

- Le paiement ou la récupération des heures supplémentaires au choix du salarié, sans flexibilité et ni modulation qui vise à ne pas payer les heures supplémentaires et les compensant d’office.

- Pas de forfait jours qui vise ni à payer, ni à compenser les heures supplémentaires.

- Mais aussi, la prise en compte, dans le temps de travail, des réunions, « briefing », etc.

- Sans oublier un vrai temps partiel choisi sur une base minimale de 24h, avec des aménagements d’horaires laissant la possibilité aux travailleurs d’exercer une autre activité.

- Des journées de travail contenues dans des amplitudes journalières limitées à 9h30, ouverture des magasins à 9h30 et fermeture à 19h.

- L’interdiction du travail de nuit et en soirée, une des lois votées par la commune de Paris.

- Avec une prise en compte, dans le temps de travail, des temps de trajet professionnel ainsi que des temps d’astreinte ou de mise à disposition des salariés dans l’entreprise. Quand le salarié n’est pas à disposition de son bien-être, l’employeur doit payer.

- Pour un repos annuel avec un passage à six semaines de congés payés, le chômage de tous les jours fériés, le chômage d’un jour férié supplémentaire pour fêter l’abolition de l’esclavage (une fête républicaine), l’abrogation de la journée dite « de solidarité ».

Quand ça n’est ni du repos, ni du sommeil, alors c’est du temps de travail. Donc la formation professionnelle doit se dérouler exclusivement pendant le temps de travail, tout comme la validation des acquis de l’expérience (V.A.E.).

Nous voulons de la liberté et jouir de la vie tout au long de notre existence. Avoir « le droit à la paresse » comme nous y invitait Paul LAFARGUE. Il est enterré au Père LACHAISE face au mur des Fédérés, là où furent abattus des communards qui firent voter des lois sociales sur le temps de travail pour préserver les travailleurs.

Tout cet héritage est à reconquérir car nous ne devons pas accepter que nos vies se résument à ça : « Travaillez, travaillez, prolétaires, pour agrandir la fortune sociale et vos misères individuelles, travaillez, travaillez, pour que, devenant plus pauvres, vous ayez plus de raisons de travailler et d’être misérables. Telle est la loi inexorable de la production capitaliste. » [3]

Nous le rappelons qu’au regard de la situation actuelle, il est urgent de diminuer le temps de travail. Avec près de 6 millions de chômeurs, il faut dégager du temps de travail pour ceux qui en sont privés.Thierry JACQUET - JEC

« Métro, Boulot, Dodo »… on en a ras-le-bol. En particulier des transports souvent en retard à cause des incidents de personne. C’est comme cela qu’ils appellent les suicides. C’est journalier que des hommes et des femmes au bout du rouleau préfèrent démissionner de la vie.

Il est urgent d’ouvrir des perspectives.

 

 

 

Publié dans COMMUNIQUE FO

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